Wikileaks : des fuites bonnes pour la démocratie ?

Mardi 30 novembre 2010 dans Non classé

Wikileaks, site internet fondé par l’Australien Julian Assange, a pour but de lancer des polémiques en dévoilant la vérité, par le biais de documents confidentiels remis par des sources secrètes.

Le monde et ses amis, Der Spiegel en Allemagne, El Pais en Espagne, The Guardian au Royaume Uni et The New York Times aux États Unis, ont eu accès ces dernières semaines à une quantité impressionnante de document officiels, des notes diplomatiques américaines venant des ambassades et du département d’état.

Ainsi, ces notes dressent un portrait du monde vu par la diplomatie américaine, et l’on n’apprend pas grand chose, enfin, par exemple, Sarkozy serait « susceptible et autoritaire », sans rire ? Qui ne le savait pas déjà, quand un président est capable d’injecter un de ses concitoyens d’un « casse toi pauvre con », cela donne le ton !

En revanche, il y a d’autres informations qui sont incroyables, et qui concernent les États Unis et la relation diplomatique avec les membres de l’ONU, notamment le fait que les diplomates Américains soient tenus d’espionner leurs confrères, de récupérer numéros de CB, de téléphone, fax, emails, et autres informations qui pourraient être nécessaires aux organes espions (CIA, NSA …) des USA .

Pour les autres dirigeants je trouve aussi qu’il s’agit de banalités, Angela Merkel, une dirigeante qui « évite de prendre des risques » et « manque d’imagination », et Berlusconi, « un incapable », « inefficace » qui « passe son temps à faire la fête » … enfin, rien d’extraordinaire je dirais.

Wikileaks a aussi laissé « fuiter » des informations plus stratégiques, notamment concernant la chine, l’Iran, l’Afghanistan, et le question qui se pose c’est de savoir si ce genre de pratiques est bonne ou non pour la démocratie.

Je doit avouer que je ne sait pas. Les journaux ont filtré les informations, donc ce qui est publié est, disons le, ce qui est le moins risqué pour les USA, et je trouve cela bien, des informations brutes auraient pu se révéler incompréhensibles et dangereuses, et je pense que Le Monde a bien fait en contactant l’administration américaine avant de publier, et de surtout ne pas divulguer tout en bloc sans au moins filtrer les noms.

La transparence est indispensable dans une démocratie, c’est une chose utile à son maintien, et notamment par la confiance des citoyens : la démocratie s’éteint quand ses propres citoyens ne croient plus en elle (et à ce titre et par exemple, ne vont plus voter). Les américains sont en phase de voir leur démocratie se découdre et ce depuis plusieurs années. Wikileaks est en quelque sorte salvateur pour eux, au moins à ce niveau là, la vérité sort, est affichée, placardée dans les jorunaux et les citoyens respirent à nouveau un peu plus, surtout en ces temps économiquement maussades.

Cette question primordiale reste à traiter, effectivement, on ne peut aujourd’hui dire si ces actions sont ou ne sont pas bénéfiques, même si tous les acteurs politiques affirment que c’est négatif, un outrage, une agression suprême, normal, ils sont en première ligne et leur petit nid douillet est démonté brindille après brindille par si l’on peut l’appeler ainsi, un ténor de la transparence sans compromis : wikileaks !